Le monde peut maintenant dire : « Ciao, François , on t’aura à peine connu ».

Hollande, après tout, était un politicien de niveau purement national lorsqu’il a remporté l’élection. Sa plus grande réalisation a été d’avoir dirigé le Parti socialiste pendant onze ans, jusqu’à ce que son ex-compagne Ségolène Royal perde l’élection présidentielle contre Nicolas Sarkozy en 2008.

Les points communs entre Hollande et l’ancienne première dame américaine Hillary Clinton vont bien plus loin que le fait d’avoir un Président pour partenaire – presque, dans le cas de Royal. Tant Hollande que Clinton étaient des créations du Parti, de même qu’Hillary était le choix du Parti il y a huit ans, en 2008, mais elle a perdu face à un sénateur du Midwest méconnu et beau parleur [Obama].

Mais on peut au moins dire que le monde avait vu Hillary en action, alors qu’Hollande n’avait jamais occupé de poste ministériel majeur ni un quelconque poste international. En plus de diriger le Parti socialiste, il était surtout connu pour être le maire de Tulle, population 15 396 habitants.

Mais en 2012, Hollande a été le choix du Parti, pour en fin de compte entrer dans l’histoire comme un pantin.

À l’échelle nationale, il a été sacrifié sur l’autel du Parti dominant. Cela n’a certainement pas commencé avec sa récente abdication, mais dure depuis qu’il a accepté l’austérité.

Au niveau international, Hollande était un pantin pour trois groupes : les richissimes et insatiables 1 %, la force centripète basée à Bruxelles et la troïka européenne. Ces pouvoirs interconnectés contrôlaient Hollande aussi efficacement que n’importe quelle marionnette, même si le Président français a plus de pouvoir exécutif que tout autre dirigeant occidental.

Il est le président le plus impopulaire de l’histoire, et il a reconnu sa défaite avant même de se présenter à la réélection – il n’aurait jamais pu être ne serait-ce qu’un prétendant. C’est vraiment un exploit rare dans les démocraties occidentales : au moins, le non-élu Gerald Ford [vice-Président de Nixon, Président après sa démission] peut dire qu’il a essayé de gagner en 1976, mais a été battu.

Hollande aurait dû prévoir que ce serait le prix à payer… si son plan directeur était de faire immédiatement un virement à 180 degrés et d’instaurer l’austérité jusqu’à son extrémité amère.

Il ne devait pas nécessairement en être ainsi : après quelques années d’austérité, lorsque les taux d’emprunt de la France ont atteint des niveaux historiquement bas, il aurait pu dire que la « fée de la confiance » de la haute finance avait été apaisée. Les dieux de la haute finance ont prêté à la France à moins de 1 % depuis 2012 – ils prêtent actuellement à un taux d’intérêt de référence de 0,75 %.

Mais Hollande a recouru à la règle arbitraire de Bruxelles, refusant des déficits budgétaires de plus de 3 %, pour faire passer un budget d’austérité chaque année, en plus du budget annuel final de Sarkozy. Hollande n’a rejeté les diktats de Bruxelles qu’en toute dernière extrémité, évoquant la nécessité d’augmenter les dépenses de sécurité – militaires – dans le sillage de l’hystérie anti-terroriste.

Cela a-t-il marché ? Eh bien, cela a bien marché pour les riches : les dividendes ont atteint un record européen au deuxième trimestre de 2014. Mais ce n’était pas assez pour les amener à prendre acte de l’échec de l’austérité en la soulageant.

Hormis les actionnaires, cela a-t-il fonctionné pour quiconque ? Bien sûr que non, et c’est bien cela le néolibéralisme, après tout. Le chômage a continué de grimper à des niveaux record (plus de 10 %), les inégalités se sont creusées, la pauvreté a atteint de nouveaux sommets, la croissance économique est restée à des niveaux de récession, et la liste continue. Le néolibéralisme, comme le savent tous ceux qui sont attentifs, ne tient pas compte des faits ni des résultats pour servir la ferveur de ses adhérents.

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1 Commentaire sur "Hollande fut le pantin absolu"

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saurer
Invité

Le regretté Coluche aurait dit de l’Hollandouille : Ciao pantin..

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